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La CAPEB Moselle | Aude Forquin

Aude Fourquin

AUDE FORQUIN

22 janvier 2009 : interview avec Aude Forquin, responsable Assurance Qualité Environnement sur le chantier Center Parcs du Domaine des Trois Forêts, à côté de Sarrebourg.

Nous avons interrogé Aude Forquin, en qualité d’expert-conseil en environnement, sur l’importance de la gestion des déchets dans le cadre d’un chantier HQE, Haute Qualité Environnementale ou « chantier vert ».
1 - Tout d’abord, pouvez-vous m’indiquer quelle est votre mission sur le chantier de construction de Center Parcs ?

Je suis responsable de la partie chantier de la HQE, missionnée par le maître d’ouvrage, le Groupe Pierre § Vacances, sur le chantier de Center Parcs du Domaine des Trois Forêts. A ce titre, ma mission comporte plusieurs volets :

  • Faire respecter l’arrêté de loi sur l’eau sur le chantier
  • Faire respecter la charte chantier vert pour chaque entreprise du chantier.
  • Atteindre les objectifs de chantier à faible nuisance du référentiel HQE, dont la cible 3

Dans ce cadre je suis chargée de mettre en place les outils, l’organisation du tri des déchets et de contrôler le taux de valorisation des déchets, dans le respect de la législation en vigueur.

2 - Pourquoi est-ce important de bien gérer les déchets de chantier lors d’une construction ?

Un chantier propre est plus agréable et permet aux ouvriers de mieux travailler. Tout en préservant l’environnement, il donne aussi une meilleure image des entreprises à l’extérieur et permet également une meilleure maîtrise du coût des déchets. Au contraire, les déchets accumulés sur le chantier et non triés sont évacués en mélange et enfouis en centre de stockage à un coût plus élevé.

3 - Quel est le volume de déchets que génère un chantier comme celui de Center Parcs et quel type de déchets issus du gros œuvre et du second œuvre sont générés ?

Pour exemple, le dernier chantier Center Parcs dans l’Aisne avait généré 4046 tonnes de déchets. 57% avaient été valorisés. Sur le Domaine des Trois Forêts, nous avons mis en place depuis juillet 2008 le tri de 9 catégories de déchets qui se décomposent de la façon suivante : Déchets ultimes (32%), Gravats (36%), Polystyrène (3%), Papiers-cartons (3%), Ferrailles (1%), Plastiques valorisables (6%), Bois valorisable (16%), Plâtre valorisable (3%), Déchets dangereux (0,5%). Nous avons donc obtenu un taux de valorisation de 68% à fin novembre 2008.

4 - Comment s’organise la gestion des déchets à l’intérieur et à l’extérieur du chantier : (planification, aménagement du chantier, tri des déchets, collecte, valorisation…)

Nous avons mis en place 3 zones de tri sur toute la surface du chantier qui regroupent les 9 types de déchets. Nous allons bientôt en créer une quatrième. Les entreprises regroupent leurs déchets sur leur lieu de travail et en fin de journée les déposent dans les bennes correspondantes, avec une signalétique appropriée. En fonction de l’avancement du chantier, des bennes supplémentaires sont mises à disposition des différents corps de métier. Les déchets sont collectés régulièrement. Un contrat est établi avec SITA pour une valorisation maximale des déchets sur les exutoires les plus proches, dans un rayon de 20 km autour du chantier si possible.

5 - De quelle manière informez-vous les différents corps de métier sur cette organisation ?

Ils sont tout d’abord informés par la charte « chantier vert » annexée à leur contrat et signée en début de chantier puis par des réunions d’information organisées au démarrage des travaux de chaque entreprise. J’organise des consultations avec les chefs d’équipe ciblées par métier et donc par types de matériaux et déchets potentiels.

6 - Comment réagissent les divers corps de métier à cette nouvelle démarche ? Se sentent-ils impliqués dans une démarche environnementale ?

Le niveau d’implication dépend de l’habitude ou non des gens par rapport au tri. Pour la plupart des chefs entreprises, l’image de marque de leur entreprise rentre en jeu et ils s’impliquent donc sans problème. En revanche, certains salariés n’ont encore pas l’habitude du tri et ne comprennent pas vraiment son utilité. Pour leur faciliter la tâche j’ai élaboré un guide de tri avec le descriptif de chaque déchet établi en 5 langues et ce même visuel est repris sur les affichettes collées sur les bennes de déchets.

7 - Faites-vous un bilan de fin de chantier pour évaluer la fiabilité de l’organisation mise en place et déterminer des axes de progrès ?

Je dois bien sûr effectuer un bilan de chantier dans le cadre de la démarche HQE que demande le maître d’ouvrage, avec des comptes rendus mensuels de la qualité environnementale du chantier. L’expérience que j’en retire m’est indispensable pour déterminer des axes de progrès et établir l’organisation d’un futur chantier HQE, comme par exemple améliorer l’accessibilité aux bennes et l’aménagement sur le site.

8 - Quels sont selon vous les enjeux liés au tri des déchets dans le BTP ?

Au delà d’un enjeu environnemental auquel beaucoup adhèrent, l’enjeu financier est important. Sur le chantier je gère l’évacuation des déchets, qui est financée par le compte prorata. Je remets régulièrement un bilan financier aux entreprises. De cette manière chaque entreprise se sent impliquée.

9 - Quels conseils donneriez-vous à des professionnels du BTP pour améliorer le tri des déchets sur le chantier ?

Je pense que l’essentiel est de donner les moyens aux ouvriers de mieux travailler en mettant à leur disposition des petits contenants adaptés au tri des déchets (sacs, bacs), en les informant sur la nécessité de trier et en les formant grâce à des consignes de tri au fur et à mesure de l’avancement du chantier. L’enlèvement des déchets doit aussi se faire régulièrement, au minimum en fin de semaine ou chaque fin de journée selon le volume de déchets, de façon à ne pas laisser s’entasser les déchets sur le lieu de travail.

10 - Que retirez-vous vous-même de cette expérience ?

C’est pour moi un challenge de tous les jours, dans un monde d’hommes où l’on doit faire preuve de fermeté et de conviction. C’est aussi un moyen de transmettre des idées qui me sont essentielles et d’éduquer au respect de l’environnement.